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  • Quand le Street Art embellit les places réservées aux personnes handicapées !

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    Depuis le mois de décembre dans le Tarn, des “zelliges”, formes inspirées des mosaïques arabo-andalouses, apparaissent sur des emplacements réservés aux personnes handicapées. Avec ses peintures au sol éphémères, Fouzia souhaite redonner de la visibilité à ces places.

    L’art peut être beau et utile, avoir une vocation esthétique et sociale. Avec Zellipark, c’est ce que démontre Fouzia. À Alban, dans le Tarn, cette ancienne éducatrice en foyer de vie auprès de personnes en situation de handicap a longtemps mûri son projet artistique. Il constitue l’expression pacifique d’une colère jusqu’ici contenue.

    L’art pour changer les regards

    Fouzia réalise ses zelliges avec de la peinture au sol temporaire et des pochoirs qu’elle crée. © DR

    « Dans mon travail, je conduisais des personnes à mobilité réduite. Il n’était pas rare que les places réservées soient déjà prises par des automobilistes valides. Cela nous mettait en difficulté. Les gens ne mesurent pas les conséquences pour les personnes handicapées ni à quel point sortir en ville est déjà, sans cela, un parcours du combattant. »

    Comment en finir avec ces incivilités ? Comment apporter un changement de regard de façon agréable ? À ces questions, l’éducatrice qui utilise déjà l’art comme un outil dans son travail, trouve une réponse avec le street art. Sa démarche rappelle celle de MC Solaire à Chalon-sur-Saône.

    Un projet artistique et social

    Les arabesques à la craie de Jordan Saget, sur les trottoirs parisiens, l’inspire. Elle, la franco-algérienne, imagine des “zelliges”. Ces faïences colorées, aux formes géométriques, ornent les fontaines et les murs des pays du Maghreb.

    Dans sa commune d’Alban, Fouzia en a peint avec ses pochoirs sur trois emplacements réservés aux PMR. Avec l’accord de sa mairie : « La loi n’empêche pas d’embellir ces places tant qu’on ne touche pas au logo. Mais je travaille avec l’accord des collectivités pour que le projet soit constructif. »

    À Albi, la délégation APF l’a sollicitée pour orner deux autres places de stationnement. Fouzia espère ainsi voir ses “Zelliparks” essaimer partout en France. « Mon objectif est de sensibiliser un maximum de personnes, en associant des publics différents (enfants, personnes âgées…) à la création des zelliges.»

    Impliquer les personnes handicapées

    L’artiste souhaite intervenir lors de festivals urbains, auprès de grandes enseignes commerciales, au sein d’établissements médico-sociaux… « J’aimerais aussi que des personnes handicapées elles-mêmes puissent porter ce message, en prenant la bombe à peinture. »

    Ces motifs peints au sol s’estompent au bout de deux mois. Mais des commerçants lui ont demandé de décorer les places PMR jouxtant leur boutique de façon définitive. Et, pour faire vivre son projet dans le temps, Fouzia a une autre idée.

    Elle pourrait le confier, à terme, à un Ésat. Des salariés en situation de handicap poursuivraient ainsi, à leur tour, l’œuvre des Zelliparks : transformer un espace goudronné en support artistique pour rappeler, à tous, l’importance de ces places réservées

     

  • Carte Mobilité Inclusion

    Carte mobilité inclusion (CMI)

    La carte mobilité inclusion (CMI) a pour but de faciliter la vie quotidienne des personnes en situation de handicap et de perte d'autonomie. Elle est accordée sous conditions et permet de bénéficier de certains droits notamment dans les transports. Elle remplace progressivement depuis le 1er janvier 2017 les cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement. La CMI n'est pas délivrée aux invalides de guerre qui conservent le bénéfice de la carte de stationnement.

  • Don de jours de congés aux aidants : vrai besoin, fausse réponse

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    Le Parlement vient d’ouvrir aux aidants de personnes âgées ou handicapées la possibilité de bénéficier de jours de congés donnés par leurs collègues salariés. Une mesurette qui n’est pas à la hauteur des enjeux et substitue la charité à la nécessaire solidarité nationale.

    Charité bien ordonnée commence par la loi-même. Le Sénat a ainsi donné son feu vert, mercredi 31 janvier, à la proposition de loi autorisant des salariés à offrir des jours de congés à un collègue s’occupant d’un proche âgé ou handicapé. Le don était déjà autorisé, depuis 2014, aux parents d’enfants gravement malades. Les sénateurs n’ayant pas changé un mot au texte examiné par l’Assemblée nationale, le 7 décembre, cette loi est définitivement adoptée.

     « Sa portée sera limitée. »

    « Fière de l’avoir défendue, a tweeté la secrétaire d’État chargé des personnes handicapées, suite au vote. Un pas significatif. Nous devons soutenir les aidants et les préserver ! » L’enthousiasme de Sophie Cluzel contraste avec les réserves des sénateurs, durant les débats.

    « Sa portée sera limitée », a ainsi souligné la centriste Jocelyne Guidez (UDI), la rapporteure de la Commission des Affaires sociales. « Nous ne pourrons faire l’économie d’un texte global sur les aidants », a ajouté Philippe Mouiller (Les Républicains).

    La générosité individuelle au lieu de la solidarité nationale

    Les besoins sont en effet immenses. Ils vont aller aussi en grandissant avec le vieillissement de la population. 8 à 11 millions de Français, en majorité des femmes, aident un proche. Beaucoup s’épuisent à mener de front vie familiale, travail et aide. Le don de jours de congés n’est donc pas à la hauteur des enjeux.

    De plus, il fait reposer la solidarité dont ont besoin les aidants sur des initiatives individuelles – la générosité des collègues de travail – et non sur la collectivité nationale. Et il introduit de l’inégalité entre aidants selon l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Les dons sont en effet susceptibles d’être plus faciles dans des sociétés garantissant davantage de jours de congés.

    Indemniser le congé de proche aidant

    Une autre proposition de loi sera examinée le 18 mars. Elle porte sur le congé de proche aidant qui n’est, aujourd’hui, ni rémunéré ni indemnisé. Son auteur, le député communiste Pierre Dharréville, demande qu’il soit rémunéré 43 € par jour. Un montant identique à celui de l’allocation journalière de présence parentale. Une mesure qui relève là de la solidarité et non de la charité. Franck Seuret