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  • Télétravail: les addictions explosent durant le confinement

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    L'ennui et la solitude, terreau des conduites addictives? Alors que l'hyperconnexion et l'alcool crèvent le plafond, une étude sur l'impact du télétravail sur les addictions des Français exhorte les entreprises à prévenir ces comportements périlleux.

    La crise sanitaire et économique impacte tous les volets de notre quotidien. Celui de l'emploi n'est pas épargné. A l'heure du reconfinement, le « travail à distance » redevient la règle. Une option facilitante pour les uns, troublante voire scabreuse pour d'autres, comme le révèle l'étude sur l'impact du télétravail sur les pratiques addictives des Français menée par GAE conseil, cabinet de conseil spécialisé en prévention des addictions en entreprise, et l'institut Odoxa, auprès de 3 002 d'entre eux, en octobre 2020. Résultat : trois-quarts des Français estiment que le télétravail accroît les pratiques addictives. En cause, notamment ? Le besoin de tromper l'ennui et de compenser (l'impression) de solitude. Enquête alarmante sur un enjeu de santé majeur.

    Hyperconnexion, tabac, alcool en hausse

    Une impression qui se confirme puisque 41 % des salariés font effectivement état de pratiques addictives plus fréquentes en télétravail, soit dix points de plus que sur le lieu de travail habituel. En tête de liste, les risques liés à l'hyperconnexion selon huit répondants sur dix, devant la consommation de tabac (75 %), d'alcool (66 %), de cannabis (55 %), de médicaments (52 %) et d'autres drogues (51 %). Fait nouveau, le « workaholisme » (addiction au travail) est aussi en hausse pour 61 % des télétravailleurs. Lors du premier confinement, toutes les formes de pratiques addictives ont augmenté ; 5,5 millions de Français ont notamment confié avoir eu la main plus lourde que d'ordinaire sur la bouteille. « Les anxiolitiques et somnifères ont également explosé, principalement en automédication », indique Alexis Peschard, président-fondateur de GAE conseil, en amont de la deuxième édition des « Rencontres de l'addictologie » qui se dérouleront en ligne le 19 novembre à 9 heures (inscription en lien ci-dessous). Principaux facteurs de risque ? L'éloignement physique avec les collègues et managers, le stress lié à la solitude ou à la crise ou encore les situations personnelles difficiles.

    Plus de libertés = tentations exacerbées ?

    « En présentiel, la crainte de la sanction et la honte poussent les salariés à trouver des stratagèmes pour cacher leur addiction », explique Alexis Peschard citant, par exemple, un commercial qui mettait de l'alcool dans son bidon de lave-glace via un tuyau relié directement à sa place, pour boire tout en conduisant et frauder lors des contrôles du véhicule par son entreprise ou la police. En télétravail, l'absence du regard de l'autre conduit les salariés à « s'octroyer beaucoup plus de libertés ». Un constat extrêmement « inquiétant », selon Alexis Peschard, car ils « n'en ont pas forcément conscience ». Or il rappelle que les règles qui valent en entreprise, comme l'impossibilité de boire sur son lieu de travail, s'appliquent aussi au domicile.

    La prévention : un enjeu crucial pour les entreprises

    « Les salariés sont démunis concernant la prévention des addictions à distance », déplore Alexis Peschard, évoquant un sujet « extrêmement tabou ». Or, « plus l'entreprise l'aborde tôt, plus elle peut favoriser la prise de conscience et l'accès aux soins et ainsi optimiser la prise en charge ». « L'obligation de résultat sur le plan de la santé et de la sécurité impose aux employeurs d'identifier ces risques et de mettre en œuvre une politique de prévention adaptée aux enjeux du distanciel », poursuit-il. En effet, si aucune action n'a été menée pour prévenir la pratique addictive d'un salarié en télétravail victime d'un accident, l'entreprise risque une peine « au civil et au pénal ».

    Les managers en première ligne

    Alors que 72 % des salariés et des managers estiment qu'il est plus difficile d'aborder le sujet dans le cadre d'un télétravail et que trois quarts des sondés attendent des managers qu'ils « redoublent de vigilance » pour identifier ces conduites, Alexis Peschard recommande de commencer par un entretien qui évoque les conséquences de l'addiction sur le travail du salarié (absentéisme, relationnel...) en évitant tout « jugement ou commentaire intrusif ». Le mot d'ordre ? Bienveillance ! Et de rappeler que la principale mission du manager est « d'accompagner et de trouver des solutions ». Il pourra ainsi orienter le salarié vers les services des ressources humaines, de l'action sociale ou encore de la médecine au travail. « Pour l'heure, les managers ne sont pas formés aux pratiques addictives, pas même pour le travail en présentiel, alors, pour le télétravail, nous en sommes à des années-lumière... », déplore l'expert qui suggère que cette question soit abordée lors de leur formation initiale.

    Passé sous les radars

    « Depuis le premier confinement, cette problématique est passée sous tous les radars des sujets de santé au travail », regrette Alexis Peschard qui en appelle à une plus grande mobilisation des entreprises et des pouvoirs publics. « Le déni collectif alimente le déni individuel des personnes souffrant d'addictions. Il y a urgence à en parler ! », exhorte-t-il, craignant sous peu des décompensations massives sur les plans psychologiques, psychiatriques et addictologiques semblables à celles d'avril. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a récemment rappelé que la santé mentale ne devait plus être mise de côté. Or, lors du premier confinement, les services d'addictologie étaient fermés, « et nos liens avec les patients rompus », déplore Alexis Peschard. Pour faire face aux conséquences éventuelles de ce nouveau confinement, il implore les salariés et managers à prévenir plutôt que guérir. « Les addictions ne doivent pas être un effet collatéral supplémentaire de la crise sanitaire », conclut-il.

  • De Sacrées sorcières discriminent les personnes handicapées?

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    Dans le film "Sacrées sorcières", inspiré de l'imaginaire de Roald Dahl, Anne Hathaway incarne la grande méchante, atteinte d'une malformation des mains. Ce remake suscite de vives critiques de la part de personnes handicapées... Ou pas !

    Anne Hathaway, une sorcière haute-couture, dissimule, sous une paire de gants, des mains avec seulement trois doigts. C'est ainsi qu'elle apparaît dans le nouveau film de Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Forrest Gump, Seul au monde...) , Sacrées sorcières (The witches), sorti le 22 octobre 2020 sur la plateforme américaine HBO Max.

    L'ectrodactylie

    Il est adapté du roman jeunesse de Roald Dahl, qui avait déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Nicolas Roeg il y a trente ans avec Anjelica Huston dans ce rôle phare. Le pitch ? Une bande de sorcières investit un hôtel pour y chercher ses prochaines proies. Mais ce remake 2020 n'est pas du goût de certaines personnes atteintes d'ectrodactylie, une maladie génétique rare qui engendre une absence d'un ou plusieurs orteils ou doigts, formant, pour la main, une pince dite « de crabe » ou « de homard ». Ce détail n'apparaît ni dans le livre original ni dans la version de 1990, les gants ne servant qu'à cacher « les griffes de chats » des sorcières.

    Réactions indignées

    Ce parti-pris a suscité des réactions indignées. Sur son compte Instagram, Shannong Crossland, une Américaine qui milite en faveur des personnes atteintes d'ectrodactylie, manifeste sa colère : « C'est une réalité humaine pour certains ! Diaboliser ces personnes n'est pas valorisant. » De son côté, la championne de natation paralympique Amy Marren, elle aussi touchée par ce handicap, twitte : « Oui, je suis consciente qu'il s'agit là d'un film et que ce sont des sorcières. Mais les sorcières sont habituellement des monstres. Ma crainte est que des enfants puissent voir ce film, sans savoir qu'il exagère l'ouvrage de Roald Dahl, et qu'ils comprennent que cette maladie doit faire peur. » Le Comité international paralympique a cautionné cette prise de position, en ajoutant que « les membres différents ne sont pas terrifiants. Les différences devraient être célébrées et les handicaps normalisés ». Le hashtag #NotAWitch (Pas une sorcière) a alors déferlé sur les réseaux sociaux. Une pétition intitulée « Nous ne sommes pas des monstres » a même été lancée promettant un boycott du film. 

    Mea culpa de Warner Bros

    Face à cette polémique, le producteur, Warner Bros, s'est empressé de réagir : « Nous sommes profondément attristés d'apprendre que notre représentation de personnages fictionnels puisse heurter des personnes handicapées. En adaptant l'histoire originale, nous avons travaillé avec des artistes qui ont proposé une nouvelle interprétation des « griffes de chats » décrites dans le livre. Nous ne souhaitons pas que les spectateurs aient le sentiment que ces créatures fantastiques et non-humaines les représentent. C'est un film sur le pouvoir de l'amitié et de la bonté. Notre volonté est que les familles et les enfants puissent s'emparer de ces thèmes inspirants ». L'actrice Anne Hathaway s'est à son tour excusée.

    Polémique absurde ?

    De son coté, Philippe Croizon, aventurier quadri-amputé, demande : « Est-ce que certains ont protesté contre Golum dans Le Seigneur des Anneaux ? A aucun moment ce film ne laisse entendre que ce sont des sorcières handicapées… On veut être considéré comme tout le monde alors il faut avoir un peu plus de recul. » Il ajoute « ne pas comprendre cette polémique ». Comme d'autres... Sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix ont exprimé leur désaccord et leur peur de voir un monde artistique de plus en plus muselé. « Je souhaite bon courage au monde du cinéma d'horreur pour faire peur avec des monstres sains et en bonne santé à partir de maintenant », a par exemple twitté LeCinémaDeDurendal. 

    En France, Sacrées sorcières devait sortir le 18 novembre 2020 mais, reconfinement oblige, sa diffusion est repoussée à une date non définie…

  • Des masques gratuits pour les aides à domicile

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    Les accueillants familiaux et salariés de l'aide à domicile peuvent continuer de bénéficier de 10 masques par semaine gratuits pour prendre soin de leurs patients, personnes handicapées ou âgées. Ce dispositif devrait être renouvelé plusieurs mois

    Bonne nouvelle pour les accueillants familiaux et les salariés de l'aide à domicile employés directement par des particuliers pour des actes essentiels de la vie. Dans un contexte où la situation sanitaire se dégrade, l'Assurance maladie continue d'assurer la fourniture gratuite de masques pour ces professionnels qui aident dans leur quotidien les personnes handicapées ou âgées en perte d'autonomie (+ de 70 ans, accueillis familiaux… liste complète ci-dessous). Ce ne sera donc pas aux particuliers de payer la facture. Attention, cependant, les personnels travaillant dans les services d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAD) ne sont pas éligibles, ce que déplore la Fédération française des services à la personne et de proximité (Fédésap).

    Pour plusieurs mois ?

    Les personnes concernées peuvent bénéficier de 50 masques par employeur toutes les 5 semaines, soit 10 par semaine (correspondant à deux masques par jour ouvrable, sachant qu'ils doivent être changés toutes les 4 heures). La Sécurité sociale s'était engagé à cette délivrance gratuite jusqu'à fin septembre et la reconduction de ce dispositif pour octobre était attendue. Un arrêté publié au Journal officiel le 28 octobre 2020 (en lien ci-dessous) vient clarifier la situation. Selon une déclaration de Brigitte Bourguignon, ministre de l'Autonomie, ce principe doit être prolongé durant plusieurs mois.

    Commet se fournir ces masques ?

    Auprès des pharmacies, en présentant les justificatifs suivants :
    • Le courrier ou courriel reçu en principe de l'Urssaf mi-octobre ainsi que l'attestation complétée et signée
    • Une pièce d'identité
    • Un bulletin de salaire Cesu ou un exemplaire de relevé mensuel de contreparties financières récent (jusqu'à 3 mois)
    • Selon la situation, le justificatif d'attribution de l'une des prestations ou allocations suivantes à l'employeur : Allocation personnalisée d'autonomie (APA), Prestation de compensation du handicap (PCH), Allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP), Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), Majoration pour tierce personne (MTP), carte d'invalidité à 80% ou carte mobilité inclusion (CMI).


    Pour les plus précaires

    Jean Castex a par ailleurs confirmé que des masques « gratuits et lavables » seraient envoyés à « neuf millions de citoyens en situation de précarité », après un premier envoi en août (article en lien ci-dessous). Ils devraient être postés de fin octobre à mi-novembre. Une autre salve aura lieu « début 2021 », opération qui devrait être reconduite « autant de fois que nécessaire », a précisé le Premier ministre. Cela concerne les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS, ex CMU-C, ACS) ou de l'Aide médicale d'Etat (AME) et, à ce titre, certaines personnes handicapées.

    Et les plus fragiles

    Quant aux patients à « très haut risque médical » pouvant déclarer une forme grave de Covid-19, ils peuvent disposer de dix masques chirurgicaux chaque semaine à retirer en pharmacie sur prescription médicale. Enfin, les patients Covid + cas contacts peuvent réclamer 30 masques remboursés par l'Assurance maladie, à retirer également en pharmacie en présentant un justificatif de l'Assurance maladie (mail/SMS) ou le résultat positif du test PCR.

    Un numéro vert est mis en place pour toutes les questions sur la Covid, ouvert 24h/24, 7j/7 et accessible au 0 800 130 000.