APF infos nationales - Page 2

  • Un jeune handicapé interdit d'entrée dans un supermarché avec son chien

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    Kévin Fermine, un jeune en situation de handicap moteur âgé de 27 ans, s'est vu refoulé d'un magasin Carrefour le 3 août dernier car il était accompagné de son chien d'assistance.

    La scène se déroule le 3 août dernier, dans un supermarché Carrefour de Toulouse. Kévin Fermine, jeune handicapé moteur de 27 ans, est en train de faire ses courses, accompagné de son chien d'assistance quand soudain, un responsable de la boutique l'interpelle : "C'est un magasin alimentaire, c'est marqué à l'entrée : les chiens ne sont pas autorisés."

    La scène a pu être filmée, car quelques jours plus tôt, Kévin Fermine avait déjà été éconduit du magasin à cause de la présence de son animal. Odile Maurin, présidente de l'association Handi-Social, a donc accompagné une deuxième fois le jeune homme pour faire valoir leurs droits. "Malgré l'incident de la semaine dernière, vous n'avez donc pas pris le temps de vous renseigner", argumente-t-elle au responsable du magasin. 

    L'enseigne a reconnu ses torts

    Publiée sur les réseaux sociaux, la vidéo fait parler d'elle. Face à la polémique, l'enseigne a dû reconnaître ses torts et promet de "resensibiliser" ses équipes. Sur Twitter lundi, Carrefour indiquait qu'un "rappel à la réglementation" allait être lancé "auprès de nos équipes magasins, afin de les resensibiliser."

     

    Exclusion d'un lieu public : que dit la loi ?

    Sur son site Internet, Handi'chiens, l'association nationale d'éducation de chiens d'assistance pour personnes en situation de handicap, rappelle la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées : 

    "L'accès aux transports, aux lieux ouverts au public, ainsi qu'à ceux permettant une activité professionnelle, formatrice ou éducative est autorisé aux chiens guides d'aveugle ou d'assistance accompagnant les personnes titulaires de la carte « mobilité inclusion » portant les mentions « invalidé » et « priorité » prévue à l'article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles..."

    Selon la loi, le supermarché aurait donc dû autoriser l'accès à Kévin Fermine accompagné de son chien d'assistance. L'argument de l'hygiène et de l'aspect alimentaire du magasin avancé par le responsable du magasin n'a, dans ce cas, pas lieu d'être, comme le précise l'association Handi'chiens : "Les magasins qui, par mesure d'hygiène, sont interdits aux animaux sont également dans l'obligation d'autoriser l'accès des chiens d'assistance accompagnant leurs clients titulaires d'une carte d'invalidité".

    En cas de refus d'appliquer la loi, les contrevenants s'exposent à des sanctions : "Le fait d'interdire l'accès aux lieux ouverts au public aux chiens accompagnant les personnes titulaires de la carte d'invalidité est puni d'une amende de 450 euros pour une personne physique ou de 2.250 euros pour une personne morale", rappelle l'association Handi'Chiens.

    Faire avancer le combat de l'accessibilité

    Kévin Fermine pourrait déposer plainte contre le supermarché, mais il annoncé sur sa page Facebook qu'il ne le ferait pas : "Je ne vois pas l'intérêt de me lancer dans une telle procédure en sachant que j'ai déjà obtenu les résultat que j'attendais... Maintenant continuons ce combat pour la défense de nos droits, allons au-delà du virtuel...".

    Le jeune homme espère en effet que cette histoire fera avancer le combat de l'accessibilité des personnes handicapées : "Mis à part le fait le commerçant n'est pas cherché à comprendre ce que j'ai tenté de lui expliquer concernant la réglementation autorisant tous les chiens guides et d'assistances à accompagner leur maître (...) Je n'en tiens pas particulièrement rigueur aux personnes qui gèrent ce magasin toulousain. J'espère que cette action qui a prit une ampleur médiatique permettra à Carrefour France de prendre les mesures nécessaires afin qu'une telle situation ne se renouvelle pas…" pouvait-on lire sur la page Facebook du jeune Toulousain. 

  • Blog des parents d'enfants en situation de handicap

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    Sur le blog des parents d'enfants en situation de handicap, retrouvez le dernier Bulletin d'information des Parents :

    On y trouve :
    plein d'informations pour les parents
    des témoignages de ceux qui accompagnent au quotidien leurs enfants en situation de handicap !
    Consultez-le en ligne, ici : bit.ly/bip-19

     
  • Nantes va même plus loin que la capitale. L’obligation d’accessibilité de 100 % des logements dans les immeubles neufs concernera aussi bien le parc social que le privé dans sa grande partie.

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    Nantes Métropole a décidé que tous les logements dans les nouveaux immeubles continueraient à être accessibles. Même si le Parlement adopte la loi Élan. Dans le parc social mais aussi le privé construit dans les zones d’aménagement concertées.

    Le mouvement va-t-il faire tâche d’huile ? Après Paris, Nantes Métropole vient d’annoncer qu’elle maintiendra l’objectif de 100 % de logements accessibles. Cette décision fait suite à l’adoption par l’Assemblée nationale, début juin, du projet de loi Élan. Son article 18 vise à abaisser de 100 à 10 % le quota d’appartements accessibles dans les immeubles neufs.

    Imposer ses règles aux promoteurs

    Nantes va même plus loin que la capitale. Comme l’expliquait sur Faire-face.fr l’adjoint parisien en charge du handicap, l’obligation d’accessibilité de 100 % des logements ne s’appliquera qu’aux logements sociaux. Dans la métropole nantaise, en revanche, elle concernera aussi bien le parc social que le privé. Ou du moins, pour ce dernier, celui situé « dans les projets urbains sous maîtrise publique », qui concentre 60 % des quelque 6 à 8 000 logements neufs construits chaque année.

    C’est notamment le cas dans les zones d’aménagement concertées. Dans ces Zac, la mairie contrôle le programme d’urbanisation. Cela lui permet ainsi d’imposer ses règles aux promoteurs immobiliers. Pour les autres immeubles privés, « Nantes Métropole sollicitera la Fédération de la promotion immobilière (FPI) pour que l’objectif de 100 % de logements accessibles soit maintenu », explique Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole.

    10 % de logements adaptés dans les 100 % accessibles

    « Et parmi ces 100 % de logements accessibles, 10 % devront être adaptés aux personnes à mobilité réduite », précise, à Faire-face.fr, Pascal Pras, le vice-président de Nantes Métropole en charge de l’habitat et de l’urbanisme.

    Selon la réglementation, un appartement est dit accessible lorsqu’il est possible de se rendre au séjour, à la cuisine, à une chambre, à la salle de bains et aux toilettes. « Dans les appartements adaptés, les personnes en fauteuil roulant, par exemple, pourront accéder à toutes les pièces ainsi qu’à la terrasse », précise-t-il.

    « Un recul historique. »

    Ces mesures figurent dans le programme local de l’habitat 2019-2015. Le Conseil métropolitain l’a adopté vendredi 22 juin. « Le projet de loi constitue un recul historique pour l’accès au logement des personnes en situation de handicap », justifie Johanna Rolland.

    De plus, la capitale de l’Ouest a toujours fait partie des bons élèves de l’accessibilité en France. Elle a figuré, à trois reprises, à la première place du baromètre de l’accessibilité d’APF France handicap. Un modèle à suivre.

    https://www.faire-face.fr/2018/06/26/nantes-logements-accessibles/