APF infos nationales - Page 3

  • Des pâtes et des tracts contre la pauvreté des personnes handicapées

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    Plusieurs délégations de l’APF ont mobilisé leurs militants, jeudi 29 mars, pour manifester contre la faiblesse des ressources des personnes en situation de handicap. Le point d’orgue d’une semaine nationale orchestrée par l’association.

    Les manifestants ont campé devant la préfecture du Puy-de-Dôme pendant que trois représentantes de l’APF y étaient reçues. © DR

    Dix kilos de pâtes. Les trois représentantes de l’APF avaient apporté un cadeau symbolique au préfet du Puy-de-Dôme. « L’équivalent de la consommation mensuelle d’un allocataire de l’AAH que la faiblesse de ses ressources condamne à se nourrir de nouilles », explicite Sandrine Raynal. La directrice territoriale des actions associatives a été reçue à la préfecture, jeudi 29 mars en début d’après-midi, avec deux militantes de l’association.

    Elles ont expliqué au sous-préfet et au directeur de cabinet du préfet les raisons qui ont amené l’APF à organiser une campagne de mobilisation du 26 au 31 mars. Au menu : la faiblesse du montant de l’AAH inférieure au seuil de pauvreté. Mais aussi la fusion du complément de ressources et de la majoration pour la vie autonome ou la suppression de la prime d’activité pour les pensionnés d’invalidité en emploi.

    Dans la rue pour la première fois de sa vie

    Annabella Roche a également témoigné de son propre cas. Elle n’a pas le droit de toucher l’AAH car les revenus de son conjoint sont supérieurs au plafond de ressources autorisé. « Jusqu’à ce mon handicap m’en empêche, j’ai toujours travaillé, a-t-elle raconté. Et là, je me retrouve financièrement dépendante de mon mari. Cela m’est tellement insupportable que j’ai décidé de manifester pour la première fois de ma vie. »

    Que des nouilles, plein les fouilles

    Pendant l’entretien, la cinquantaine de militants restés dehors scandaient des slogans et reprenaient des chants. « On est bon à manger des nouilles pendant qu’ils s’en mettent plein les fouilles ». Fumigènes et banderoles complétaient le tableau. « Le dircab s’est engagé à rédiger une note qu’il va transmettre au cabinet du Premier ministre et de la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées », résume Sandrine Raynal.

    Les manifestants ont brandi leurs slogans devant la préfecture de Belfort. © DR

    Des boulets dans les roues

    500 km à l’est, quelques heures plus tôt, une délégation avait investi les abords de la préfecture du Territoire de Belfort. Une trentaine de manifestants avaient répondu à l’appel de l’APF parmi lesquels des représentants de la Fnath, d’Autisme 90, de l’Adapei et de l’association Valentin Haüy.

    Les fauteuils roulants des manifestants étaient entravés par des chaînes et des boulets en signe de protestation. « Le message est clair : l’insuffisance de leurs ressources inflige une peine supplémentaire aux allocataires de l’AAH et aux pensionnés d’invalidité », explique Martine Debros, la directrice territoriale de l’association.

    La PCH à la traîne

    Rebelote l’après-midi à Vesoul, devant la préfecture voisine de Haute-Saône. « Nous avons ajouté à la liste des revendications l’insuffisance de la compensation, précise Martine Debros. Alors que le montant moyen de la prestation de compensation du handicap atteint  5 555 € au niveau national, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort font partie des départements les plus à la traîne avec moins de 3 500 €. »

    La députée Pascale Boyer a rendu visite aux manifestants à Gap dans les Hautes-Alpes. © DR

    Une députée venue écouter

    À Gap, la dizaine de militants mobilisés ont distribué des tracts devant la cité administrative. C’est également là qu’ils ont reçu la députée Pascale Boyer. L’élue En marche de la première circonscription des Hautes-Alpes a pris note de leurs revendications. « Nous avions également invité le président de l’Assemblée nationale car il était à Gap pour inaugurer le collège Simone Veil, précise Cédrik Carotte, le directeur territorial des actions associatives de l’APF dans les Alpes. Mais il a décliné notre proposition. »

    Le maire de Manosque aussi

    Dans le département voisin des Alpes-de-Haute-Provence, les militants ont fait part de leurs doléances au maire de Manosque, venu les rencontrer sur la place où ils manifestaient. Deux représentants des trois parlementaires départementaux avaient également fait le déplacement. Ils sont repartis sans pâtes mais avec la liste des revendications.

  • Ce film sortira en salle le mercredi 28 mars 2018

    Madame Hyde : un étonnant film sur la transmission duelle du savoir et du handicap social.

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    Dans une adaptation très libre du roman L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson, le réalisateur Serge Bozon fait se rencontrer une mauvaise prof et un mauvais élève. Deux “pauvres” personnages qu’un foudroiement va réunir. Pour le meilleur et pour le pire.

    En apparence, tout les oppose. Mme Géquil – campée par l’excellente Isabelle Huppert – est une professeure de physique dans un lycée professionnel de banlieue. Une prof maladroite et méprisée par ses élèves et collègues. Malik – joué par le débutant mais persuasif Adda Senani – s’avère un lycéen antipathique et insolent. Il la provoque sans cesse, la déstabilise.

    Le choix d’un traitement fantastique

    Mais, au fond, tous deux sont des canards boiteux : canard boiteux des profs pour l’une ; canard boiteux des élèves pour l’autre. Malik marche avec un déambulateur. Pas de quoi donner dans la compassion pour autant. Au contraire, le réalisateur de Madame Hyde, Serge Bozon, opte pour un traitement fantastique, du moins non réaliste, de leur rencontre.

    Tout nait d’un foudroiement dans un laboratoire qui va donner à Mme Géquil une énergie nouvelle, mystérieuse, voire dangereuse… On n’en dira pas davantage ici,  si ce n’est que la mauvaise prof va devenir une très bonne prof et le mauvais élève, un très bon élément.

    Unis par le savoir et l’humiliation

    Le film raconte le cheminement de leur changement mutuel, l’expérience risquée de leur apprentissage en commun. Ce, dans un curieux décalage entre réalisme et incongruité, revendiqué par le réalisateur. Une manière, pour lui, de faire surgir de profondes problématiques.

    Car, si Malik devient bon élève, c’est grâce à sa prof qui lui a transmis l’envie de réfléchir et le goût solitaire du savoir. Toutefois et bien malgré elle, Mme Géquil lui a aussi transmis une malédiction : l’humiliation. Le fait d’être rabaissé, dénigré, incompris… car différent.

    Avec un casting en or (Romain Duris, José Garcia…) et ses allures légères, ce long métrage ose, en fait, des symétries et interactions novatrices entre handicap physique et handicap moral, entre savoir et camouflets… dont les corps ne ressortent pas indemnes. vous comprendrez pourquoi en visionnant ce film.