APF infos nationales - Page 10

  • Actualité de l’accessibilité des transports source DMA

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    En ces temps difficiles, et partant du constat que dans les réseaux de transport les évolutions se font la plupart du temps en septembre, il ne faut pas oublier que l’on rentre dans la dernière ligne droite pour l’application des mesures « accessibilité des transports » de la LOM qui sont à « effets immédiats ».

    La présentation détaillée de la LOM (54 diapositives) est désormais en ligne ici sur le site www.francemobilites.fr:
    https://www.francemobilites.fr/sites/frenchmobility/files/fichiers/2020/04/LOM%20version%20longue.pdf

     

    La LOM, Loi d’Orientation des Mobilités, comporte plusieurs avancées en faveur de l’accessibilité des transports, principalement aux articles

    • Article 19 : diverses mesures d’accessibilité aux transports (et notamment l’obligation d’une tarification spécifique pour les accompagnateurs de PH)

    • Article 21 : transparence de l’action publique

    • Article 27 : obligation de créer des données sur l’accessibilité des réseaux de transport et de la voirie autour des arrêts de bus et de les mettre à disposition

    • Début article 28 : plateforme unique de réservation des services de substitution et d’assistance en gare.

    Les mesures d’application immédiate, à mettre en œuvre, donc, d’ici le 1er septembre concernent :

    • Tous les réseaux :

    • Publication sur les sites Internet de l’état d’avancement de la programmation d’accessibilité des réseaux de transport ;

    • Obligation de mise en place d’une tarification spécifique pour tous les accompagnateurs des personnes ayant une carte CMI, quelle que soit la mention (invalidité, stationnement, priorité) ;

    • les informations sur l’accessibilité des réseaux doivent être délivrées sur tous les supports : en légende sur les plans de réseau, sur les plans de lignes, sur les guides horaires, sur les fiches horaires, sur le site Internet, voire dans les calculateurs d’itinéraires selon l’obligation prévue à l’article 27 de la LOM. Ces dispositions permettent de garantir le droit à la mobilité des personnes handicapées, en permettant à ces usagers d'être informés sur les moyens qui leur sont offerts et sur les modalités de leur utilisation. Sans cette précieuse information, pas d’usage de l’accessibilité alors même que des millions d’euros ont été investis !

    Pour rappel, les AOM peuvent d’ores et déjà bénéficier de l’élargissement de la notion de transport de substitution à toutes mesures de nature humaine, organisationnelle ou technique ;

    Pour mettre en pratique ces dispositions, vous pouvez vous référer à la Charte nationale pour la qualité d’usage de l’accessibilité dans les transport publics routiers de voyageurs», signée en juin dernier par le GART et Régions de France et les transporteurs.

     

    Cette charte donne les clés pour une amélioration de la qualité d’usage des transports publics pour les personnes handicapées en axant les actions sur l’information comme l’identification des lignes pouvant être ouvertes aux personnes en fauteuil roulant, la maintenance, les démarches de labellisation ou de certification…

  • Port du masque et autisme : une contrainte supplémentaire ?

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    Si le port du masque est une contrainte pour tous, il l'est davantage pour certaines personnes handicapées, notamment autistes, pour qui il peut devenir une gêne et un obstacle à la communication. Des dérogations sont néanmoins possibles.

     

    Sensation d'étouffement, buée sur les lunettes, odeurs d'haleine, humidité, irritation, boutons, douleurs de l'élastique sur les oreilles… Le masque, une contrainte pour tous ! Il va pourtant falloir s'y faire. Si, pour le bien commun, la plupart des usagers font contre mauvaise fortune bon cœur, il en est pour qui cet ustensile peut devenir un obstacle, voire un véritable calvaire. C'est le cas de certaines personnes avec des troubles cognitifs, autistiques, psychiques … La difficulté est double : accepter le port du masque lorsqu'on est confronté à une « surcharge sensorielle », liée à une hypersensibilité tactile ou olfactive, mais également parvenir à décrypter les expressions de son interlocuteur.

    Déficit de reconnaissance des émotions faciales

    Si cette problématique a surtout été évoquée pour les personnes sourdes dans le cadre de la lecture labiale, une personne autiste peut, elle aussi, avoir des difficultés à lire sur les visages pour décoder les émotions. « Pour peu que la personne porte des lunettes et c'est mort », s'inquiète Danièle Langloys, présidente d'Autisme France. Selon plusieurs études réalisées à ce sujet (article en lien ci-dessous), elles ont tendance à fixer davantage la bouche que les yeux, « trop complexes à analyser ». « Je n'ai pas l'habitude de regarder les yeux de la personne en face, confirme en effet Natacha, à l'origine du site Comprendre l'autisme. « Elles ont donc peu de points de repère, complète Danièle Langloys, et cette situation rend la compréhension très compliquée ». Dans l'Esat où travaille son fils, les consignes sont drastiques : port du masque, d'une visière et respect des distances. « C'est redoutable et anxiogène, poursuit-elle, et ça ne sert pas à grand-chose car il tripote son masque toute la journée ».

    Avis contraire

    A l'inverse, même si elle admet que, « pour des personnes autistes non ou peu verbales, cela pose certainement un problème », pour Amélie, autiste, le port du masque n'a rien changé. « D'ordinaire, j'identifie très mal les visages et me base davantage sur le timbre ou la coloration de la voix », explique-t-elle. Le masque lui « fournit même une excuse pour ne pas reconnaître les gens ! » Natacha ajoute à son tour, dans le media Slate, avoir dit quatre fois bonjour à des collègues car elle ne les avait pas reconnus. Amélie a néanmoins dû restreindre ses déplacements car le port du masque s'avère « très inconfortable plusieurs heures d'affilée ».

    Dérogations possibles…

    Dans ce contexte inédit, il faut donc s'adapter… Le secrétariat d'Etat au Handicap rappelle que « le port du masque grand public est recommandé pour les personnes en situation de handicap qui le peuvent, en présence d'un professionnel ou de proches au sein des externats (dont les IME) lorsque la règle de distanciation physique ne peut être respectée, à l'exception des enfants qui ne le peuvent pas au regard de leur handicap et de ceux jusqu'à l'âge du collège (11 ans) » (article en lien ci-dessous). Mais une dérogation est possible, dans les cas où celui-ci est obligatoire, comme par exemple dans les transports, pour les personnes dont le handicap le rend difficilement supportable. Elles doivent néanmoins se munir d'un certificat médical justifiant de cette impossibilité. La personne handicapée sera également tenue de prendre toutes les précautions sanitaires possibles. Des visières longues en plastique transparent peuvent être préconisées, même si elles s'avèrent moins protectrices.

    … mais réactions hostiles ?

    Mais ce passe-droit ne risque-t-il pas de créer de l'hostilité de la part des passants, a fortiori lorsque le handicap est invisible ? Danièle Langloys le redoute : « Dans les grandes villes, notamment, le problème va sûrement se poser, et certaines familles vont probablement renoncer à utiliser les transports en commun », même si « ce n'est pas une seule personne qui risque de mettre en danger toute une rame de métro ». Elle déplore que « ce message ait du mal à passer auprès du grand public ». Son fils l'a prévenu : « C'est pas grave, tu paieras l'amende », sourit-elle. Même si Danièle Langloys assure que « ceux qui ont du mal à respecter les gestes barrière sont une minorité », les personnes autistes « ont parfois des soucis pour comprendre l'enjeu sanitaire » et cela « ne va pas être facile sur le long terme ». Laurent Savard, père de Gabin, un ado autiste, fait le même constat : « C'est pas gagné ! », soupire-t-il, avant de se souhaiter « Bon courage ! » (article en lien ci-dessous).

    Des solutions inédites

    Pour faire face à la situation, certains rivalisent d'imagination… En Loire-Atlantique, des éducateurs d'un Institut médico-éducatif (IME) ont imprimé la photo de leur visage sur leur tee-shirt afin d'être reconnus par des enfants touchés par un trouble du développement, « déjà en perte de repères » (article en lien ci-dessous). Une profusion de modèles de masques avec fenêtre transparente a par ailleurs inondé le net. Certains sont en cours d'homologation pour être mis sur le marché mais ils parviendront certainement à ne répondre que partiellement à la question, sans couvrir tous les besoins. S'ils laissent apparaître les lèvres, ils continuent d'occulter une partie du visage, limitant la lecture des expressions faciales. A moins que… A Brest, après avoir testé 70 modèles, deux couturières de l'association Masques à rade ont conçu un modèle totalement transparent. Mary et Rozenn ont déposé un brevet sous la marque « Marozz », contraction de leurs deux prénoms. Des orthophonistes, personnels de crèche et commerçants se sont déjà dits très intéressés.

    Les gestes barrière en Falc

    Deux ergothérapeutes, créateurs de Dev'Ergo, ont par ailleurs mis en ligne huit livrets illustrés afin de « permettre l'inclusion des enfants en situation de handicap en période de crise sanitaire » (lien ci-dessous). L'un d'eux concerne les gestes barrière et le port du masque, offrant des solutions très pratiques : proposer une habituation avec renforçateurs, utiliser des élastiques plus larges, privilégier la visière, accrocher le masque à une casquette… Un document en Falc (facile à lire et à comprendre) détaille toutes les étapes pour faire bon ménage avec ce bout de tissu, avec des arguments valorisants « Ton masque c'est ta tenue de super-héros, tu te protèges et les autres aussi ».

  • Après le Covid-19, le plan national canicule enclenché

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    Alors que l'épidémie de Covid-19 semble s'éloigner, un autre fléau saisonnier pourrait s'abattre sur la France : la canicule. Comme chaque année, le plan national dédié est activé depuis le 1er juin 2020 pour protéger les plus vulnérables.

    Après l'épidémie de Covid-19, la France devra-t-elle bientôt faire face à un autre risque, la canicule ? L'été 2019, marqué par deux vagues, a été classé troisième plus chaud par Météo France, quand l'année 2019 dans son ensemble est la plus chaude enregistrée en Europe. « L'été 2020 devrait lui aussi être chaud, et particulièrement sec », annoncent ses experts, avec des conditions anticycloniques renforcées sur l'Europe, notamment sur le nord-ouest du continent.

    Repenser les pratiques

    Point commun entre ces deux épisodes meurtriers ? Elles ont conduit le pays à repenser ses pratiques, notamment en termes d'accompagnement des populations fragilisées. Depuis la canicule de 2003, qui avait causé près de 20 000 décès dans l'Hexagone, le gouvernement a mis en place un plan national afin de prévenir les effets sanitaires de ces vagues de chaleurs. Comme chaque année, il a été activé le 1er juin 2020, avec son premier niveau de « veille saisonnière ». L'objectif : protéger les plus vulnérables et notamment les personnes handicapées.

    4 niveaux de surveillance

    Comment déterminer un épisode de canicule ? Selon le gouvernement, elle se définit comme un niveau de très fortes chaleurs le jour et la nuit pendant au moins trois jours consécutifs. Deux paramètres sont donc pris en compte : la chaleur et la durée.

    Le plan national canicule (PNC) compte quatre niveaux d'alerte qui correspondent chacun à des actions de prévention et de gestion spécifiques. La surveillance au niveau de la « veille saisonnière » implique la mobilisation en amont des services de l'État en région. Ils mettent en place des actions de prévention et de communication adaptées et renforcées pour la population.

    Un registre des personnes handicapées

    D'après la loi, il incombe à chaque mairie de disposer d'un registre nominatif où sont recensés, s'ils en font la demande, certains publics fragiles. Ces derniers peuvent ainsi bénéficier de l'intervention ciblée des services sanitaires et sociaux. Trois catégories peuvent y figurer, à condition de résider à domicile :
    •    Les personnes âgées de 65 ans et plus.
    •    Les personnes âgées de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail.
    •    Les personnes adultes handicapées.

    La demande d'inscription se fait par attestation sur l'honneur et est réalisée soit par la personne concernée (ou son représentant légal) soit par un tiers. Le plan canicule propose également la plateforme téléphonique Canicule info service, accessible au 0 800 06 66 66 (appel gratuit depuis un poste fixe) de 9 heures à 19 heures.

    Adopter les bons réflexes

    En attendant, quelques réflexes à adopter pour éviter les surchauffes en cas de températures extrêmes :
    •    Boire régulièrement de l'eau
    •    Mouiller son corps et se ventiler
    •    Manger en quantité suffisante
    •    Éviter les efforts physiques
    •    Ne pas boire d'alcool
    •    Maintenir son habitation au frais en fermant les volets le jour
    •    Passer du temps dans un endroit frais (cinéma, bibliothèque, supermarché ...)
    •    Donner et prendre des nouvelles de ses proches.